091204-0001

[Formindep] L'enquête du Formindep

Une action de longue haleine

Dès 2005, le Formindep s’est engagé pour l’application de la loi sur la transparence de l’information médicale, votée en 2002 (article 26 de la loi du 4 mars 2002 codifié L 4113-13 du code de la santé publique). Selon cette loi, les professionnels de santé qui s’expriment publiquement sur un produit de santé, doivent déclarer leurs liens avec les entreprises qui fabriquent ou commercialisent ces produits. En mars 2007, les décrets d’application de la loi sont enfin parus, après le recours du Formindep devant le Conseil d’Etat. La loi peut enfin s’appliquer.

La loi est elle réellement appliquée ?

En avril 2008, un an après la parution des décrets, le Formindep a voulu évaluer la réalité du respect de la loi. Il a donc mis sur pied une nouvelle action : Durant un mois, il a observé l’expression de plus de 150 professionnels de santé dans 30 medias, professionnels ou grand public, de tous types : papier, audiovisuel, internet, congrès, etc. Une équipe d’une douzaine de membres du Formindep s’est attelée à cette tache d’observation. Chaque observateur devait remplir une fiche d’observation détaillée.

A la fin de cette période, il est apparu qu’aucun des 150 professionnels observés n’avait déclaré de liens avec l’industrie lors de son intervention. Selon la loi, cela devait donc signifier qu’ils étaient tous exempts de liens d’intérêts.

Le Formindep a alors interrogé les ordres professionnels pour s’en assurer. Ceux-ci sont chargés du respect de cette loi et détiennent les conventions passées entre les médecins et les firmes pharmaceutiques, dont ils doivent s’assurer la conformité avec la déontologie [1].

En n’utilisant que les dossiers complets et réellement exploitables, nous avons adressé en juillet 2008 100 lettres recommandées concernant 91 professionnels de santé, à 29 conseils départementaux ordinaux pour demander confirmation de l’absence de liens de ces médecins avec des firmes. Le conseil départemental de l’ordre des médecins de Paris a reçu à lui seul plus de 30 courriers.

Des réponses disparates, contradictoires, menaçantes de la part des ordres professionnels

Sur les 29 conseils départementaux interrogés, seuls 19 ont jugé bon de répondre. 10 sont restés silencieux devant une demande pourtant légitime de citoyens.

Certains ordres (Nord, Loire-Atlantique) ont répondu sérieusement à notre demande, parfois tardivement ou dans un deuxième temps (Ain). La plupart ont refusé de donner suite, se retranchant derrière le secret (Val-de-Marne), ou s’offusquant d’une soi disant mise en cause de la probité de médecins dévoués (Pas-de-Calais). L’Ordre Parisien nous a adressé quant à lui une réponse clairement menaçante.

D’autres ont demandé aux médecins concernés de contacter directement le Formindep (Hauts-de-Seine), ou au Formindep de contacter directement ces médecins (Gironde), attitudes clairement non conformes à l’usage, révélatrices du malaise provoqué. Certains médecins, informés par les ordres, ont contacté directement le Formindep.

La disparité des réponses reçues, confuses, inappropriées, parfois menaçantes, souvent contradictoires, révèle l’insuffisance de la réflexion ordinale sur cette question pourtant fondamentale de l’indépendance des médecins prévue par l’article 5 du code de déontologie médicale.

Le Conseil national de l’ordre des médecins, alerté par les conseils départementaux, a écrit longuement au Formindep. S’il conteste des questions de forme, il ne peut que constater la légitimité de notre action et de nos interrogations, et conseille aux conseils départementaux de prendre contact avec les médecins concernés pour leur demander leurs liens d’intérêts et en tirer « toutes les conséquences ».

Comment considérer alors les menaces de l’Ordre Parisien ou les tentatives d’intimidation d’un phlébologue président d’association par l’intermédiaire de son avocat ?

Il est à noter enfin que, apparemment, pour nombre de dossiers pour lesquels le Formindep n’a pas obtenu de réponses, les médecins concernés ont, par contre, été informés de la situation. Une telle attitude tend à accréditer les propos qui considérent les ordres professionnels plus comme une protection des médecins que des citoyens.

Au total sur les 91 professionnels pour lesquels le Formindep a interrogé les ordres, 14 seulement étaient apparemment exempts de liens d’intérêts avec les firmes, selon leurs propres déclarations ou les réponses des ordres. Essentiellement des médecins généralistes.  [2]

Une loi non respectée, voire méprisée

Devant les réponses insuffisantes ou la mauvaise volonté des ordres départementaux consultés, pourtant chargés du respect de cette loi, le Formindep a cherché ailleurs des réponses à ses interrogations.

Pendant plusieurs semaines, notre équipe a recherché sur Internet, dans les publications internationales, dans les déclarations d’intérêts des experts des organismes sanitaires français (HAS, Afssaps, Afssa, etc.) si les médecins étaient bien exempts de conflits d’intérêts.

Résultat : Pour 56 médecins, les informations retrouvées permettaient de mettre en évidence des liens d’intérêts, un grand nombre de ces liens pouvant être considérés comme majeurs selon les critères des agences sanitaires. Selon nos recherches, les liens d’intérêts avec les firmes retrouvés pour ces 56 médecins les rendraient susceptibles de poursuites ordinales pour non respect de la loi.

Pour les 33 autres, nos recherches ont été soit négatives soit d’un niveau de preuve insuffisant. Rien n’indique qu’ils sont exempts de liens et on ne peut conclure. Les informations qui permettraient de connaître la réalité de la situation existent bien mais restent cachées en France, alors qu’elles sont rendues publiques ailleurs (Australie, certains états des USA).

Des obstacles importants

Le Formindep a alors consulté des juristes spécialisés sur les suites juridiques et ordinales à donner devant ces probables manquements à la loi. Plusieurs obstacles ont été identifiés qui ont remis en question la suite de cette action :

- Obstacle matériel et financier. Le Formindep n’a pas les moyens de poursuivre 56 professionnels de santé devant des juridictions ordinales, avec les appels éventuels, etc.
- Obstacle juridique. L’immense majorité des professionnels concernés sont des hospitalo-universitaires. C’est d’ailleurs normal. Les firmes s’intéressent de façon préférentielle à ce qu’elles appellent les « leaders d’opinion », susceptibles de transmettre leurs messages avec toute l’autorité que leur confère leur statut. C’est dans ces milieux là qu’elles recrutent en priorité car ce sont pour elles les plus rentables ? [3] Or ces professionnels sont protégés par leur statut de fonctionnaire, et ne peuvent être poursuivis devant les ordres professionnels que par leur « employeur » : direction d’hôpital, DDASS, ministère de la santé.
- Obstacle professionnel enfin. Les spécialistes du droit médical que nous avons consulté, nous ont averti à plusieurs reprises des risques d’une telle action pour ceux des membres du Formindep professionnels de santé en exercice, en particulier ceux du bureau de l’association. Cette information d’un risque de représailles directes ou indirectes nous a interrogé et inquiété.

Le rôle déterminant de l’UFC-Que Choisir

Ces obstacles ont failli remettre en question la suite de l’action. Ils ont trouvé réponse grâce aux contacts établis depuis déjà quelques années avec des responsables de l’UFC-Que Choisir.

L’UFC-Que Choisir s’est en effet montrée très intéressée par notre démarche dont elle a rapidement compris l’importance et les enjeux pour les usagers de santé et consommateurs de soins. Elle-même, en 2007, avait entrepris une longue enquête qui mettait en évidence les prescriptions « irrationnelles » des professionnels de santé compte tenu des connaissances médicales scientifiques, et les surcoûts induits par ces pratiques pour les dépenses de santé et les comptes sociaux. L’UFC-Que Choisir s’interrogeait sur les causes de ces prescriptions irrationnelles. Qu’est ce qui pouvait pousser les médecins à prescrire en dehors des connaissances scientifiques ? A travers le travail du Formindep pour révéler les influences commerciales auxquelles sont soumis les médecins, elle pouvait trouver des éléments de réponse à ses interrogations.

Pendant plus de 6 mois, les équipes de l’UFC-Que Choisir et du Formindep ont travaillé en étroite collaboration pour poursuivre le travail débuté, dans le respect des spécificités de chacun.

Neuf plaintes contre des médecins leaders d’opinion : des arbres qui cachent la forêt.

Cette collaboration aboutit en cette fin d’avril 2009 au dépôt de plaintes par l’UFC-Que Choisir contre 9 professionnels de santé leaders d’opinion, pour non respect de l’article L4113-13 du code de la santé publique lors d’une de leur expression publique sur un produit de santé.

Leader d’opinion

Ces 9 professionnels de santé ont été choisis parmi les 56 pour lesquels l’enquête du Formindep a mis en évidence des liens d’intérêts non déclarés lors d’une expression publique. Tous les autres sont également susceptibles de recours. Il ne s’agit donc que de la partie émergée de l’iceberg des liens d’intérêts des professionnels de santé, de quelques arbres qui cachent l’immense forêt des influences commerciales et industrielles qui s’exercent dans le monde de la santé.

Ces 9 professionnels de santé, choisis en raison de l’importance de leurs liens avec des firmes et de leur statut de leader d’opinion reconnu par le milieu médical et les firmes pharmaceutiques, sont donc significatifs de la situation actuelle, mais nullement exhaustifs.  [4]

Un nécessaire engagement citoyen, médical et médiatique à développer

Le pari fait est que cette première action agira comme un électrochoc dans le milieu médical et des institutions de santé pour faire avancer la prise de conscience de la nécessité de respecter cette loi, pour la transparence de l’information médicale et la qualité des soins qui en découlent.

Si les cas retenus par l’UFC-Que Choisir pour cette première étape concernent l’expression de professionnels de santé dans des medias professionnels, il ne saurait être oublié que cette loi concerne l’expression publique en générale. L’expression dans les medias à destination du grand public est particulièrement concernée. Au moment où les firmes pharmaceutiques s’engagent de plus en plus aux niveaux international, européen et local dans des actions de communication vers le public (discussion sur le « Paquet pharmaceutique » au parlement et à la commission européenne, programmes d’accompagnement et d’éducation thérapeutique en France dans le cadre de la loi HPST, avec le relais d’associations de patients, comme le CISS, financées par les firmes, publicité pour les médicaments en vente libre, pour les vaccins, sites internet santé sous contrôle pharmaceutique, etc.) le respect de cette loi dans les medias grand public s’avère plus que jamais indispensable.

A chacun d’y veiller et de s’engager, professionnels et usagers de santé, journalistes et responsables de communication. Bien que la loi ne les y oblige pas, la responsabilité des medias et journalistes dans l’application de cette loi est incontournable.

Savoir qui parle pour permettre de distinguer les vessies de la communication des lanternes de l’information n’est pas un point de détail en matière d’information et particulièrement d’information de santé. Au bout du compte ce sont, en démocratie, la qualité des soins et le financement des systèmes de santé qui sont en jeu. Soignants, usagers de santé, responsables sanitaires, il convient de le garder sans cesse à l’esprit.

Cette loi devrait y contribuer. Le Formindep et l’UFC-Que Choisir s’associent pour son respect. A suivre.

Télécharger le communiqué du Formindep du 27 avril 2009 : Respecter la loi

Retourner à l’éditorial : Appliquer la loi

[1] Article L 4113-6 du code de la santé publique et décrets d’application

[2] A noter la réponse d’un ordre qui déclarait ne pas avoir connaissance de l’existence de liens entre une firme et un médecin, alors que notre recherche révélait que ce médecin avait reçu des rémunérations de la firme en question.

[3] Voir le chapitre 4 du récent rapport de l’IGAS sur la rémunération des médecins et chirurgiens hospitaliers.

[4] Les professionnels poursuivis par l’UFC-Que Choisir sont par ordre alphabétique :
- le Pr Laurent BOCCON-GIBOD urologue,
- le Pr Bernard CHARBONNEL diabétologue,
- le Pr Yves DAUVILLIERS neurologue,
- le Pr Philippe FAUCHER gynécologue,
- le Pr Xavier GIRERD cardiologue,
- le Pr Serge HALIMI diabétologue,
- la Pr Florence PASQUIER neurologue,
- le Dr Henri ROZENBAUM gynécologue,
- le Pr Olivier ZIEGLER diabétologue.


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Faut-il ou non se faire vacciner contre la grippe ?

Résumé : La question n’est finalement pas uniquement celle de la vaccination pandémique, mais bien celle de la vaccination annuelle contre la grippe. La réponse sur la question de la pertinence de la vaccination antigrippale doit être globale et personnelle.
Les risques liés à la maladie ou au vaccin chez le bien-portant sont tellement infimes qu’ils peuvent difficilement être comparés. Les négliger pour soi ou ses enfants ne constitue pas une perte de chance significative.

Se faire vacciner ou pas ?

La réponse n’est pas aussi simple qu’un oui ou un non ; prenez le temps de lire complètement cet article avant de forger votre opinion. Si vous ne souhaitez pas le lire, transmettez-le à une personne de confiance pour lui demander son avis. Vous pouvez bien sûr consulter votre médecin. Il fera le point avec vous et pourra répondre à vos questions. Il pourra même vous dire ce qu’il ferait à votre place, ce qui ne veut pas dire que l’avenir lui donnera raison. Chaque cas est particulier et il connait le vôtre, mais de grâce, évitez le téléphone, ne serait-ce que parce qu’il n’aura pas votre dossier sous les yeux quand il vous répondra. D’ailleurs, votre médecin figure peut-être dans la liste (voir en bas de l’article) de ceux qui reprennent ces informations à leur compte pour leurs patients.

Mais avant de parler du vaccin, il faut passer par un bref historique de la grippe et de ses virus, c’est indispensable pour comprendre.

Un bref historique pour bien comprendre le contexte

Le virus de la grippe n’est pas un virus stable, comme celui de la rougeole ou des oreillons. Il change (mute) légèrement tous les ans, c’est pourquoi les personnes souhaitant se vacciner contre la grippe doivent renouveler l’injection annuellement. Ce n’est pas un rappel, mais une revaccination : la composition du vaccin change tous les ans en fonction des mutations des virus. C’est aussi pourquoi nous ne tombons pas tous malades tous les hivers : après une grippe, nous sommes protégés pendant plusieurs années, tant que nos anticorps parviennent à neutraliser le virus qui n’a pas encore trop changé.

Une épidémie comme celle que nous vivons en 2009 apparaît quand la mutation d’un virus de la grippe est soudaine et importante. Nous ne sommes plus protégés par les anticorps que nous avons fabriqués lors d’une infection ancienne. Une grande partie de la population va contracter cette nouvelle grippe, généralement l’année de son apparition, parfois l’année suivante, parfois de façon inapparente, ce qui donne pendant deux ou trois ans une épidémie hivernale spectaculaire. La contamination est favorisée par l’inhalation d’air froid, c’est pour cela que les épidémies surviennent surtout l’hiver.

Le vaccin contre la grippe saisonnière est préparé près d’un an à l’avance en mélangeant les souches de virus en circulation. L’OMS et les industriels espèrent "viser juste" et obtenir un vaccin efficace pour l’hiver suivant. Ce n’est pas toujours le cas, la prévision étant un art difficile. Mais dans l’ensemble, l’efficacité du vaccin contre la grippe saisonnière est modeste : entre 25 et 60% selon les sources. Dans un rapport récent, elle est en France d’environ 60% chez les jeunes et de 40% chez les personnes âgées [1]. C’est à dire que la vaccination diminue environ par deux le risque de contracter la grippe. Les virus de la grippe A, utilisés pour fabriquer le vaccin saisonnier, proviennent de la souche H1N1 dérivée de la grippe espagnole de 1918 et de la souche H3N2 dérivée de la grippe de Hong Kong de 1968 ; le vaccin contient également une souche de grippe B, moins virulente, que nous laisserons de côté. Le virus A/H1N1 n’est donc pas un nouveau-venu dans le monde de la grippe car il dérive d’une souche ancienne déjà présente depuis plus de 30 ans dans le vaccin saisonnier.

En 2004, un nouveau virus A est apparu : le virus H5N1 d’origine aviaire (oiseau). Il avait deux caractéristiques : une dangerosité extrême avec plus de 30% de mortalité (contre 0,01% pour la grippe A saisonnière comme nous allons le voir) et heureusement une très faible contagiosité pour l’homme.
Par sécurité et à juste titre, une procédure grippe aviaire a été mise en place en 2005 dans de nombreux pays :
- stockage massif de masques, de gants, de médicaments antiviraux
- plan de production accéléré pour la fabrication de vaccins en cas de pandémie : démarches d’enregistrement raccourcies et surtout, ajout d’un adjuvant, le squalène. Ce produit huileux renforce la stimulation immunitaire et permet de produire beaucoup plus de doses de vaccin dans un temps réduit. Encore une fois, on agitait le spectre d’une grippe mortelle à 30% et ces compromis paraissaient acceptables pour gagner quelques semaines correspondant à des centaines de milliers de vies sauvées. Une grippe aviaire tuant un malade sur trois aurait été une catastrophe mondiale absolue autorisant des procédures d’exception.

En mars 2009, une épidémie de grippe A est apparue au Mexique, due à une mutation importante du virus A/H1N1. Mutation importante donc faible immunité générale de la population et épidémie massive.
Ce virus a touché surtout les jeunes, car les personnes plus âgées avaient déjà contracté d’autres grippes de la famille H1N1. Malgré la mutation importante ayant créé le nouveau virus, ces personnes de plus de 65 ans étaient immunisées partiellement contre le nouveau virus H1N1 du fait de sa parenté avec les anciens H1N1. Les épidémies de grippe récentes étaient surtout causées par un autre virus A : le virus H3N2.

Après un moment de panique, il est apparu au début de l’été que ce virus était certes très contagieux, mais finalement peu agressif. Pas plus que le virus H1N1 habituel. Ce qui était inhabituel en revanche, mais logique, c’était le nombre de personnes, jeunes notamment, touchées par la grippe.

Trop tard pour intégrer ce virus dans le vaccin saisonnier

En avril 2009, il était malheureusement trop tard pour intégrer ce nouveau virus dans le vaccin saisonnier dont la production était déjà lancée.

Certains gouvernements, français notamment, ont alors décidé dès le début de l’été d’appliquer à ce nouveau virus A/H1N1 la procédure d’urgence créée pour le "méchantissime" A/H5N1 aviaire. Malgré les nouvelles rassurantes de l’hémisphère sud, il était semble-t-il trop tard en août pour reculer. La campagne de vaccination massive par le vaccin dit "pandémique", c’est à dire contenant le nouveau virus H1N1 et "dopé" au squalène a été mise en place avec les remous que l’on sait.

Nous allons maintenant aborder un chose très importante et peu connue : l’alternative n’est pas de vous vacciner ou non cette année contre la nouvelle grippe A/H1N1, mais de savoir si vous voulez vous vacciner contre la grippe en général. En effet, la nouvelle grippe A/H1N1 ne diffère pas significativement par sa gravité de sa "mère" l’ancienne grippe A/H1N1 qui circule en Europe depuis 1918, et qui est intégrée dans les vaccins saisonniers. La seule différence est que les adultes jeunes sont dans leur grande majorité dépourvus d’anticorps contre cette nouvelle grippe A, car elle n’a pas beaucoup circulé récemment.
On croit souvent qu’il suffit de se vacciner contre cette nouvelle grippe A pour être tranquille pour longtemps. Il n’en est rien. Comme tous les virus grippaux, comme l’ancien A/H1N1, celui de la nouvelle grippe A/H1N1 va muter (on dit "glisser") progressivement et les personnes vaccinées souhaitant rester protégées contre la grippe A/H1N1 devront mettre à jour cette vaccination tous les ans jusqu’à la fin de leurs jours. Une vaccination ponctuelle en 2009 ne ferait que reculer leur contagion de quelques années. Lorsque le nouveau virus H1N1 mutera, ce qui est normal et a déjà commencé, ses "descendants" pourront être plus dangereux, ou au contraire plus bénins que leur "père". En pratique, ces mutations limitées et progressives changent rarement la dangerosité du virus initial de manière significative, contrairement aux mutations importantes et brutales qui caractérisent les grandes pandémies. Nous n’avons, au 28 novembre, aucune preuve de la naissance d’un mutant plus virulent qui changerait la réflexion sur la vaccination. Le principal impact de ces mutations minimes concernent la sensibilité au vaccin ou aux antiviraux qu’elles ont tendance à diminuer.

Dès l’année prochaine, le nouveau virus H1N1 mexicain sera intégré dans le vaccin saisonnier comme l’est déjà son parent H1N1 espagnol et son cousin H3N2 asiatique. Une personne souhaitant se protéger de la grippe A se vaccinera obligatoirement tous les ans. Il y aura donc un vaccin "2 en 1" (ou plutôt 4 en 1 : ancien A/H1N1, nouveau A/H1N1, A/H3N2, B).

Hors quelques cas, le choix est "tous les ans", ou "jamais"

Le choix est donc le suivant, il n’y en pas d’autre :
- Je me vaccine cette année puis tous les ans contre la grippe car je ne veux pas prendre de risque vis-à-vis de cette maladie et j’accepte les risques des vaccins.
- Je suis prêt à prendre le risque d’attraper la grippe (tous les 15 ans en moyenne) avec les risques qui vont avec et je ne me vaccine jamais contre cette maladie.

A ce choix personnel peut s’ajouter le souhait altruiste de ne pas contaminer les autres et de participer à l’étalement de l’épidémie dans le temps (en l’absence de vaccination massive et annuelle de la population, ils seront de toute façon contaminés un jour ou l’autre).

Les arguments personnels et altruistes en faveur du vaccin doivent être tempérés par la faible efficacité du vaccin : 25 à 60% suivant les sources. Le vaccin diminue la probabilité de contagion mais ne l’annule pas. Le vaccin ne permet pas d’annuler les risques liés à la grippe, mais de les diminuer.

Le fait que la question soit souvent mal posée explique pourquoi il y a tant de divergences dans les avis et recommandations. Le problème n’est pas lié à cette nouvelle vaccination (en dehors des questionnements sur ses excipients que nous aborderons plus loin) mais au principe même de la vaccination régulière contre la grippe.

La question qui vient ensuite est logiquement : "Quels sont les risques de la grippe ?"

Les risques liés à la grippe sont connus. Ce qui ne l’est pas avec précision, c’est leur fréquence.

ll y a tout d’abord le risque d’être cloué au lit pendant plusieurs jours avec fièvre, toux, courbatures et maux de tête. L’épuisement se poursuit par une fatigue importante pendant une semaine après la guérison. En moyenne, on fait une grippe de ce type tous les 15 ans. Certaines personnes ne "font jamais la grippe". Cela veut sans doute dire que chez elles, les symptômes sont très atténués au point qu’elles ne les remarquent pas (les études scientifiques évaluent à 30% le nombre de grippes qui ne donnent pas ou peu de symptômes [2]). D’autres sont plus sensibles et vont être atteints plus souvent. Ce chiffre d’une grippe A tous les 15 ans est une moyenne.

Il y a également le risque indirect de transmettre cette maladie à des proches ou à des personnes fragiles que l’on côtoie.

Il y a ensuite les complications, dont la fréquence n’est pas connue avec précision :

1) La pneumonie bactérienne est la principale complication de la grippe en terme de fréquence. Elle touche plus souvent des personnes qui ont une maladie préexistante (diabète, sida,bronchite chronique...) mais aussi celles qui oublient que le repos est indispensable pendant une grippe... Personne ne connaît le pourcentage de grippés qui contractent une pneumonie, le chiffre se situe probablement entre 1/10 et 1/100 des grippés [3]. Cette pneumonie se guérit très bien avec des antibiotiques courants mais peut emporter une personne très fragile : vieillard, insuffisant respiratoire, grand cardiaque ou autre porteur d’une maladie grave.

2) Le Syndrome de Détresse Respiratoire Aigu Sévère (SDRAS) est une complication rare, grave et particulière de la grippe. Il s’agit d’une pneumonie qui n’est pas due à une bactérie, mais au virus lui-même. Cette complication peut toucher n’importe qui, jeune, vieux, sujet en bonne santé le plus souvent. Elle est très rare, touchant probablement entre 1/100.000 et 1/1.000.000 des grippés. Elle est mortelle dans un nombre de cas compris entre 1/10 et 1/2 selon la gravité initiale, on parle alors de mortalité directe de la grippe. En cas de guérison, des séquelles pulmonaires graves peuvent persister. Le SDRAS porte parfois le nom de grippe fulminante ou de grippe maligne.

3) Les complications neurologiques : essentiellement le syndrome de Guillain Barré. Celui-ci est de gravité variable et guérit le plus souvent tout seul et sans séquelles. Les troubles vont d’un simple fourmillement passager à une rarissime paralysie définitive. Il n’est pas spécifique de la grippe et peut être déclenché par de nombreux facteurs, y compris la vaccination. La grippe peut aussi provoquer des encéphalites, rarissimes elles aussi. La fréquence des atteintes neurologiques graves (non réversibles) est tellement basse qu’elle est inconnue, probablement entre 1/100.000 et 1/1000.000 des grippés. Il est très difficile d’apprécier ce qui est réellement dû à la grippe.

4) Le décès est bien sûr une complication à part entière, quelle qu’en soit la cause. C’est une des données les moins mal connues car le décès est un élément qui est toujours déclaré, documenté, et qui peut faire l’objet d’enquêtes. Pour autant, aussi incroyable que cela puisse paraître, personne ne connaît le nombre exact de décès dus à la grippe en France. Un bilan institutionnel sur la saison 2004-2005 (rapport INVS déjà cité) apporte néanmoins des données intéressantes : nous n’avons pas le chiffre absolu de décès, mais au moins pouvons nous connaître le rapport entre les décès et les cas de grippe estimé par un réseau de surveillance fiable.

Fig 1 Comparaison de la mortalité grippale et du nombre de cas de grippes lors de l’épidémie 2004-2005, permettant d’évaluer la mortalité globale à environ 1/10.000 source INVS. Attention, il ne s’agit pas de la mortalité totale mais de celle de 22 départements pilotes.

Ce rapport est de l’ordre de 1/10.000 (fig 1). Il rejoint les chiffres constatés en Nouvelle-Zélande [4] pendant l’épidémie hivernale due au nouveau virus. L’analyse détaillée de ces décès en France sur un échantillon de 22 départements montre qu’il s’agit essentiellement de personnes très âgées (fig 2).

Fig 2 : Age des patients décédés de la grippe lors de la surveillance de la grippe 2004-2005 sur 22 départements.

Le décès des personnes jeunes grippées est plutôt dans la fourchette 1/100.000 à 1/1000.000 et est souvent associé à une maladie préexistante. Cela correspond aux constatations faites par les médecins généralistes : rares sont ceux qui ont été confrontés à un décès par grippe chez une personne jeune et en bonne santé pendant l’ensemble de leur carrière. Du fait du nombre de grippés qui développent peu ou pas de symptômes et qui ne sont pas comptabilisés, on peut estimer que le taux de décès chez les personnes bien portantes atteintes par une grippe symptomatique ou non est de l’ordre de 1/500.000. Les chiffres récents de mortalité, provenant de pays où l’épidémie est importante (USA), sont compatibles avec cette estimation. Néanmoins, les données des épidémies précédentes concernent le virus H3N2, majoritaire ces dernières années. Il devient probable au fil du temps que la mortalité chez le sujet jeune est supérieure avec le virus H1N1 ; cette caractéristique est suggérée par l’expérience actuelle des réanimateurs confrontés à un nombre inhabituel de sujets jeunes avec une atteinte respiratoire sévère. Il faut donc considérer un fourchette plus large pour la mortalité qui pourrait atteindre dans le pire des cas 1/100.000 chez l’enfant et l’adulte en bonne santé.

Néanmoins, dans la mesure ou cette grippe touche peut-être dix fois plus de jeunes que les autres années (car ils ne sont pas immunisés), il est normal et attendu que les cas graves et les décès chez les jeunes soient dix fois plus nombreux. Cela ne veut pas dire que le nouveau virus H1N1 est forcément plus agressif que l’ancien H1N1. Nous avons des chiffres américains qui montrent une surmortalité inférieure à un facteur 5 pour les enfants par rapport aux autres années, sachant que c’est le virus H3N2 qui sévissait majoritairement.

En pratique, la probabilité de mourir de la grippe ou de garder des séquelles pulmonaires ou neurologiques graves pour un enfant de plus de un an ou un adulte de moins de 65 ans et en bonne santé est sans doute comprise entre 1/100.000 et 1/500.000. Personne ne pourra être plus précis avant longtemps et il est peu probable que la réalité soit en dehors de cette fourchette.

Globalement chez les personnes en bonne santé, la grippe expose à un risque fort d’incapacité transitoire et de toux pénible, un risque faible de complication réversible, et un risque infime de décès.

Le risque de décès par la grippe pour un enfant ou un adulte bien portant est par exemple inférieur à celui consistant à circuler à vélo en ville, très inférieur à celui de rouler à moto. Il est d’un ordre de grandeur comparable à celui auquel vous expose un long voyage en voiture. Pour prendre une autre comparaison : vous avez moins de chance de mourir de la grippe cette année que de gagner les 6 numéros du loto en jouant une grille à 12 euros une fois par semaine.

Pour les personnes présentant une maladie ou un état (grossesse, premiers mois du nourrisson) favorisant les complications, seule une consultation personnalisée permet d’estimer un éventuel sur-risque avec sécurité. Néanmoins l’excès de risque est souvent surestimé par le public. Par exemple, la femme enceinte présente un excès de risque de décès qui ne dépasse par un facteur 5 d’après les études disponibles. Une femme enceinte en bonne santé qui contracte la grippe a donc environ 49.999 chances sur 50.000 de ne pas mourir.

Il est dommage qu’en déconnectant la vaccination du médecin de famille ou du pédiatre, la campagne vaccinale ait rendu plus difficile le contact et le dialogue pour les patients à risque.

En dehors de l’isolement total, le seul moyen de se protéger partiellement mais durablement de la grippe avec une efficacité prouvée scientifiquement est la vaccination. D’autres méthodes existent mais les preuves de leur efficacité sont mal établies. Cela ne veut pas dire qu’elles ne sont pas efficaces mais que cette efficacité n’est pas démontrée par les méthodes scientifiques couramment admises.

Quels sont les risques de la vaccination antigrippale ?

Les vaccins antigrippaux traditionnels (saisonniers) contiennent de l’eau, des sels minéraux anodins et des virus grippaux tués ou fragmentés. Cette eau peut contenir des résidus du milieu de culture des virus grippaux et notamment des antibiotiques, du formaldéhyde et des protéines de poulet. Ces résidus sont présents en quantité infimes et ne posent de problème qu’en cas d’allergie. Vendus en pharmacie en seringue unidose, les vaccins saisonniers ne contiennent habituellement pas d’adjuvant métalliques ni de conservateur (squalène, aluminium, mercure), sauf le Gripguard® qui contient du squalène. Ces vaccins ne contiennent pas non plus de virus vivant. Il est difficile de connaître cette composition précise car elle ne figure pas clairement sur la notice des vaccins.

Du fait d’une procédure de recueil des effets indésirables déficiente [5], les effets secondaires de ces vaccins ne sont pas parfaitement connus et sont souvent sous-estimés pour les plus bénins d’entre eux (douleurs, courbatures, fièvre). Les accidents graves sont tellement rares qu’il est impossible de les quantifier, même approximativement [6].

Voici l’information officielle française (Agence du médicament) sur les effets indésirables du vaccin saisonnier sans conservateur ni adjuvant :

Événements indésirables observés au cours des essais cliniques
La tolérance des vaccins grippaux trivalents inactivés est évaluée au cours d’études réalisées annuellement en conformité avec les exigences réglementaires, et incluant au moins 50 adultes âgés de 18 à 60 ans et au moins 50 personnes âgées de 61 ans et plus. L’évaluation de la tolérance est réalisée durant les 3 premiers jours suivant la vaccination.
Affections du système nerveux :
- Entre 1% et 10% des patients : maux de tête.
Affections de la peau et du tissu sous-cutané :
- Entre 1% et 10% des patients : sueurs*.
Affections musculosquelettiques et systémiques :
- Entre 1% et 10% des patients : douleurs musculaires, douleurs articulaires*.
Troubles généraux et anomalies au site d’administration :
- Entre 1% et 10% des patients : fièvre, malaise, frissons, fatigue. Réactions locales : rougeur, gonflement, douleur, ecchymose, induration*.
* Ces réactions disparaissent généralement après 1 ou 2 jours sans traitement.
Événements indésirables rapportés au cours de la surveillance après commercialisation
Les événements indésirables rapportés au cours de la surveillance après commercialisation, en plus de ceux déjà observés au cours des essais cliniques, sont les suivants :

- Affections hématologiques et du système lymphatique : baisse des plaquettes transitoire, ganglions.
- Affections du système immunitaire : réactions allergiques, conduisant à un malaise grave dans de rares cas, oedème de Quincke.
- Affections du système nerveux : névralgie, fourmillements, convulsions fébriles, troubles neurologiques, tels que encéphalomyélite, névrite et syndrome de Guillain-Barré.
- Affections vasculaires : inflammation des artères avec atteinte rénale transitoire dans de très rares cas.
- Affections de la peau et du tissu sous-cutané : réactions cutanées généralisées incluant démangeaisons, urticaire, éruption de boutons.

En pratique, la lecture d’une telle liste a un effet repoussant, mais globalement, les accidents graves avec le vaccin grippal saisonnier sont exceptionnels alors que les inconvénients bénins sont fréquents. Il est très difficile d’apprécier ce qui est réellement dû au vaccin.

La réflexion sur le vaccin saisonnier est importante, car comme nous l’avons déjà vu, la seule question est de savoir si l’on va démarrer à vie une vaccination annuelle contre la grippe, et non de savoir si l’on va seulement faire le vaccin pandémique transitoire contre la nouvelle grippe A. Seule exception : les femmes enceintes et les nourrissons pour lesquels une vaccination ponctuelle est envisageable ; ces deux populations bénéficient d’un vaccin sans adjuvant au squalène.

Nous n’avons aucune information sur les risques associés à l’injection annuelle du vaccin antigrippal saisonnier pendant une vie entière. Rien ne permet d’affirmer ni d’exclure que ces injections répétées soient anodines.

Contracter la grippe assure une immunité bien plus forte que celle apportée par le vaccin. Il ne peut être affirmé ni exclu que cette meilleure immunité naturelle constituera un avantage en cas d’épidémie future par un virus agressif dérivé du virus A/H1N1 2009.

Il y a un effet altruiste dans la vaccination : elle diminue la probabilité de transmettre le virus et participe à la réduction de l’intensité de l’épidémie.

Pour une personne bien portante, il faut donc mettre en balance le risque d’une grippe tous les 15 ans (et ses éventuelles complications) avec les risques associés à un vaccin annuel, sachant que l’efficacité du vaccin est habituellement de 50% (il diminue par deux la probabilité de contracter la grippe, mais ne protège pas à 100% comme d’autres vaccins.)

Il est clair qu’en terme de mortalité par exemple, le risque lié au vaccin est très nettement inférieur à celui lié à la grippe. Néanmoins, sur 15 ans cela se joue à quelques points par million. Lorsque l’on atteint des niveaux de risque aussi bas à titre individuel, il est légitime de s’interroger sur l’intérêt de la recherche du "risque zéro". Nous nous exposons quotidiennement à des risques beaucoup plus importants.

La vaccination saisonnière annuelle chez le bien-portant est donc un choix personnel. Il n’y a pas de règle car il n’y a pas de conduite évidente. Chacun en fonction de son acceptation ou non d’un risque infime dans un sens ou dans l’autre fera son choix pour lui ou ses enfants. Le seul argument collectif pour l’incitation à la vaccination serait d’étaler dans la durée les cas de grippe grave afin d’éviter la surcharge des services de réanimation. Une telle justification aurait peut-être été mieux entendue par le public.

Que penser du vaccin pandémique et de ses adjuvants ?

En Europe, un élément perturbe le débat sur les questions précédentes : la composition du vaccin pandémique utilisé pour la campagne de vaccination de masse 2009. Comme nous l’avons vu, il a été fabriqué en suivant un protocole industriel et administratif accéléré destiné à la grippe H5N1 dite grippe aviaire. C’est à dire une situation d’urgence majeure face à un virus dont la mortalité aurait été de 30% (et non de 0,01%). Le vaccin a été "dopé" avec un corps gras, le squalène pour accélérer sa fabrication. On sait que ce squalène favorise aussi les réactions locales douloureuses et les réactions générales comme la fièvre ou les courbatures. En revanche, aucun accident grave ne lui a été imputé avec certitude. Un doute persiste sur son effet déclenchant pour des maladies auto-immunes. Malgré un recul assez important sur son emploi, les données sont peu probantes car il a été essentiellement administré à des personnes âgées en institution. On commence à disposer de données canadiennes qui montrent une fréquence d’accidents graves (dont des décès) de 1/250.000 vaccinés par un vaccin au squalène proche du PANDEMRIX. Des données anglaises récentes vont dans ce sens.

Au USA, le vaccin pandémique ne contient pas de squalène. Il est identique, à la souche virale près, au vaccin saisonnier.

En France, les flacons multidoses utilisés pour la vaccination pandémique de masse contiennent un conservateur dérivé du mercure, le thiomersal. Nous ne savons pas actuellement si ce produit peut poser des problèmes. Si c’est le cas, ils sont suffisamment rares pour ne pas avoir été mis en évidence dans les études réalisées par le passé. L’agence du médicament française avait néanmoins recommandé en 2000 de ne plus l’utiliser http://www.afssaps.fr/Infos-de-secu... mais encore une fois, ce vaccin a été fabriqué dans le cadre d’une procédure d’urgence "Grippe aviaire H5N1" dont la forte mortalité rendait secondaire les considérations sur les conservateurs. Cette procédure paraît a posteriori injustifiée pour le virus H1N1, mais il est toujours plus facile d’avoir raison a posteriori.

Ces adjuvants et conservateurs sont actuellement considérés comme sûrs par les autorités sanitaires, mais pas par les fabricants qui ont demandé contractuellement à être libérés de leur responsabilité en cas de problème. Il serait plus cohérent pour convaincre le public que les fabricants renoncent à cette clause de protection et partagent ainsi leur confiance dans leur produit.

Le squalène, responsable d’un plus grand nombre d’effets indésirables modérés, faciliterait en revanche une immunité plus solide, notamment contre les premiers virus mutants qui commencent à apparaître et qui ne sont que faiblement différents du A/H1N1 2009 initial. Cet "élargissement" de l’immunité avec les vaccins adjuvés au squalène est plausible mais demande à être confirmée.

Ces inconnues ne facilitent pas le choix de ceux qui penchent pour la vaccination. Il pourrait leur paraitre tentant d’attendre vaccin sans adjuvant, mais c’est maintenant que le risque de contamination est le plus élevé.

Un élément ne penche pas en faveur du vaccin pandémique : la pandémie est bien lancée en France et proche de son pic. Il n’est habituellement pas recommandé de se vacciner en plein pic épidémique car l’immunité met au moins 15 jours à s’installer. Il est probablement bien tard pour se vacciner actuellement.

La survenue d’un deuxième pic début 2010, un moment envisagée, devient improbable depuis quelques jours : nous sommes déjà dans le deuxième pic, le premier étant survenu en septembre. Se vacciner actuellement peut être un pari sur un risque de contamination à plus de 15 jours.

Enfin, il faut préciser que la vaccination d’un sujet ayant déjà contracté la nouvelle grippe H1N1 sans s’en rendre compte n’expose à aucun risque connu.

Copies d’écran de Google Flutrends réalisées le 27 novembre 2009. Notez l’intensité très variable des épidémies par rapport à celles des années précédentes en fonction des pays. La France est en plein pic épidémique.

Que concluez vous ?

Mais rien bien sûr. Il n’y a que vous qui pouvez conclure, en fonction de vos objectifs personnels, de votre acceptation du risque lié à la grippe ou de celui lié au vaccin. Vous avez ci-dessus les éléments qui vous permettent de prendre une décision pour vous ou vos proches. Elle sera toujours personnelle et unique. Sachez que, quelle que soit votre décision, la probabilité que vous soyez confronté à des conséquences graves liées à un mauvais choix est infime.

Et si le doute vous hante encore, allez voir votre médecin pour en discuter, mais sachez qu’il ne pourra pas décider à votre place. Encore une fois c’est à vous de prendre cette décision.

Conflits d’intérêts de l’auteur : je n’ai aucun lien l’intérêt personnel et n’ai jamais touché de rémunération de l’industrie des vaccins. Mon épouse travaille chez Sanofi mais hors vaccins. Notez que cette déclaration, obligatoire, est rarement faite par les médecins experts qui s’expriment sur les vaccins contre la grippe.

Liens utiles reflétant des opinions variées et parfois contradictoires :

- Grippe Wikipedia
- Vaccination contre la grippe 2009, Wikipedia
- Flutrackers : toute l’information disponible.
- Suivi de l’épidémie sur Google Flutrends.
- Suivi de l’épidémie par le réseau GROG.
- En attendant H5N1, par Christian Lehmann
- Le blog d’Antoine Flahault et Jean-Yves Nau sur Slate (manque la déclaration de conflits d’intérêts)
- Le dossier de la Revue Prescrire
- La déclaration de la Ministre de la santé de la Pologne, qui est médecin.

Vous trouverez ci-dessous la liste des 241 premiers médecins ayant souhaité s’associer à cet article. Il n’est plus possible de signer actuellement pour épargner le serveur soumis à un fort trafic.

Vous pouvez poser des questions d’ordre général sous la liste des signataires, mais je ne réponds quasiment plus car presque tout a déjà été dit (voir les anciennes questions/réponses). Cet article est régulièrement remis à jour au fur et à mesure que de nouvelles données sont disponibles.

241 premiers signataires

Date Nom 30 novembre Dr Stephane ANDRIEU 30 novembre Dr Christine BERTIN-BELOT 30 novembre Dr OLLIER Philippe 30 novembre Dr Roseline Péluchon site web 30 novembre dr bance christian 30 novembre Dr ROCCAZ 30 novembre Dr Yves ZERBIB 30 novembre dr gans 30 novembre Dr Thierry MUNSCH 30 novembre dr levy bencheton 30 novembre Dr Eric Rousseau 30 novembre dr debu jc 30 novembre Dr Joëlle LOUVET 30 novembre Dr Gérard GUYOT 30 novembre dr billod 30 novembre Dr Alain CHEBATH 30 novembre Dr. Gilbert Hummler 30 novembre Dr J.F. MICHEL 30 novembre Dr Dussauze Frédéric site web 30 novembre Dr Dubald Claude 30 novembre Dr Hubert Beaucour 30 novembre Drs Anne et Claude COSTE retraités 30 novembre Dr Alain Freby 30 novembre Nathalie Fouquet (Dr-es-Science) 30 novembre Docteur Roger Giraud 30 novembre dr adeline barba 30 novembre DR MARTINET christian 30 novembre Dr Chevallier Patrick 30 novembre Dr Naudon jean pierre 30 novembre dr denat olivier 30 novembre Dr Claire Cheynet 30 novembre DR REVEL ERIC 30 novembre Dr LAUNET francois 30 novembre Dr DUMONT 30 novembre Dr Philippe NINGRE 30 novembre Dr Botti site web 30 novembre Dr TOUCHET Vincent 30 novembre Dr Olivier VINOT 30 novembre Dr de Singly Anne Carole 30 novembre Dr Daniel TARDY site web 30 novembre Dr BURELLIER Michel 30 novembre Dr MARIOTTE 30 novembre Dr Patricia COROLLER 30 novembre Dr KUPERMINC-LE BER Martine site web 30 novembre Dr SCHABEL Christian 29 novembre Dr LEBRUN Dominique 29 novembre Dr Carole Maître 29 novembre Dr Ngo 29 novembre dr debu jc 29 novembre Dr BALAGUIER Jean 29 novembre Dr Philippe Abimelec site web 29 novembre Dr Claire Wetzel 29 novembre Dr Lacharme Cécile 29 novembre Dr. guy lam van 29 novembre Dr Frederic Leroux 29 novembre Dr Bruno Lopez 29 novembre Dr Corinne Perdrix 29 novembre gerard goldschmidt site web 29 novembre dr cibiel bertaux site web 29 novembre Dr pascal GRILLET 29 novembre Dr Alain LE VIGOUROUX 29 novembre dr debu jc 29 novembre Dr Denis VALENTIN 29 novembre Dr TALBOT Richard 29 novembre Dr BOURGET Nathalie 29 novembre Dr Christian Ris 29 novembre Dr Figon Sophie 29 novembre Dr Michel MARQUIS 29 novembre Dr MURATET Jean-Michel site web 29 novembre Dr Jean-baptiste Rechard 28 novembre Dr Alfred Meylan 28 novembre Dr Hoffmann Clara site web 28 novembre Dr LE POULLENNEC-PRATZ Dominique 28 novembre Dr Alain JOYEUX 28 novembre Dr GILLES Luc 28 novembre Dr Michel COLOMBÉ site web 28 novembre Dr Bruno WISMAN site web 28 novembre Dr Patrick Reinhardt 28 novembre Dr LE VAGUERES Diider 28 novembre Dr Marc MONDAN 28 novembre Dr Chiche Claude 28 novembre Dr Richard Flipo 28 novembre Dr Jean-Pierre Rageau 28 novembre Dr Dreyfus Nathalie 28 novembre Dr Olivier MARCHAND 28 novembre Dr Pilon 28 novembre Dr BAUDE Richard 28 novembre Dr jean-pierre Gaitz 28 novembre Dr PEROL hugues 27 novembre Dr NICOT Philippe 27 novembre Dr Jean Raphaël FABRE 27 novembre Dr Jean-Christophe BRETON 27 novembre Dr Didier MERDY 27 novembre Dr Andréa FERREIRA 27 novembre Dr Patrice Dumiot 27 novembre Dr Bachelier Fabaron Florence 27 novembre Dr NIZIER Philippe 27 novembre Dr Raillard Noëlle 27 novembre Dr about 27 novembre Dr LONCHAMP 27 novembre Dr Isabelle Chivilo 27 novembre Dr Christian Bonnet 26 novembre Dr Martin-Petite MJ 26 novembre Dr QUESNEY alain 26 novembre Dr ALAMOWITCH Catherine 26 novembre dr JM Goré 26 novembre Dr GAUCHER Phiippe 26 novembre Dr Philippe Foucras site web 26 novembre Dr BOISSERIE Simon 26 novembre dr lehetet françois 26 novembre Dr Sophie Prévot 26 novembre Dr julien deteve 26 novembre Dr Thierry Harvey 26 novembre Dr Gérard Cohen site web 26 novembre dr brigitte GERMAIN 25 novembre Dr Serge SEGU 25 novembre Dr Béraud Claude 25 novembre Dr Lesieur Hugues 25 novembre Docteur Jérémie CAUDIN de Boulogne on the Beach 25 novembre Dr Basler 25 novembre Dr Pascal Eechout 25 novembre Dr BachJacques 25 novembre DR BENABDERRAZIK 25 novembre Dr Serriere site web 25 novembre Dr Nathalie Pierlot 25 novembre Dr Gilles BRUNOT 24 novembre Dr François CHEENNE 24 novembre Dr François DUPONT 24 novembre Dr Jean-Jacques MAURICE 24 novembre Dr BERTHE Jean-louis 24 novembre Menuet JJacques site web 24 novembre Dr POUJOL Anne 24 novembre Dr Audran Candice 24 novembre Dr Prime Dominique 24 novembre Dr PERNIN Dominique 24 novembre Dr GAUDARD Florence 24 novembre Dr GRIJOL Marianne 24 novembre Dr ISNARD Frédérique 24 novembre Dr MEKARCHA Pascal 24 novembre Dr Ali Teymouri 24 novembre Dr Jean-Claude Becker 24 novembre Dr Bernard VARIN 24 novembre Dr Jean-yves Bachelier 24 novembre Dr MALNOURY Brigitte 24 novembre Dr Raviez Jean-louis 24 novembre Dr Michel BOURGUIGNON 24 novembre Dr GUILLAUDEUX Janic 23 novembre Dr Michel BANVILLET 23 novembre Dr Aubin Sandrine 23 novembre Dr Alain Boutry 23 novembre Docteur VIALLE Jean-Marc 22 novembre Dr Claire Delval 22 novembre Dr Ripault site web 22 novembre Dr Bernard MESLE 22 novembre Dr AUTISSIER Jean-louis 22 novembre dr rosenberg sophie 22 novembre Dr Patrick Moutier 22 novembre Dr Martine Devries 22 novembre Dr Liliane Lam 22 novembre Dr de Laubaréde 22 novembre Dr Laure Vanwassenhove 22 novembre Dr Marie Kayser 22 novembre Dr Hervé Jung 21 novembre Dr Paubert 21 novembre dr.SAADA 21 novembre Dr Eric Breitschmitt 21 novembre Docteur Homerin 21 novembre Dr PREBOLIN 21 novembre Dr Guillaume HENRY 21 novembre Dr Frédéric URBAIN 21 novembre dr lefort site web 21 novembre dr anne-marie puyhardy 21 novembre DR LASSERRE site web 21 novembre Dr Hervé GUILLAUMOT 21 novembre DR ERIC BEDUE 20 novembre Dr Bernard Augier (06) 20 novembre Dr Patrick POISSON 20 novembre Dr Djamel BOUKHARI 20 novembre Dr Angelique-Talbot Florence 20 novembre Dr GODIN LEBOURG Françoise 20 novembre Dr Legroux Charles 20 novembre Dr VARVENNE Dominique 20 novembre Dr Christian LEHMANN site web 20 novembre Dr Cauvet Alain 20 novembre Dr GOMBAUD 20 novembre Dr Philippe NEKROUF 19 novembre Dr Jean LALEUW 19 novembre Dr Henri Gracies site web 19 novembre Dr Bénédicte BLANCHARD-LEMOINE 19 novembre Dr Laprais 19 novembre Dr Lionel LAMBERT 19 novembre Dr Gérard Gastan 18 novembre Dr Francis BRAM 18 novembre Dr Alfred Spoerry 18 novembre Dr Philippe MASQUELIER 18 novembre Dr Patrick Jeanmougin 18 novembre Dr François RIBIERE 18 novembre Dr Jean Louis Torre 18 novembre Dr Ph BOUTEILLER 18 novembre NEVIANS Pierre site web 18 novembre DR J.Benoit Chenique 18 novembre dr oosterlinck jole 18 novembre Dr Cyril Quémeras (Landerneau) site web 17 novembre Dr Louis VAN 17 novembre Dr Redouté Anne 17 novembre Dr TREYVE 17 novembre Dr Jean-Luc Weigel 17 novembre Dr Philippe Wohrer 17 novembre Dr Christian HURBAULT 17 novembre Dr Atlan site web 16 novembre Dr Foued Bouzaouache site web 16 novembre Dr Bernard CIXOUS 16 novembre Dr Claude Simonet 16 novembre moun01 site web 16 novembre Dr Sophie Gelbard 16 novembre dormard catherine 16 novembre Dr Damien Pollet 16 novembre dr isabelle dargaisse 16 novembre CabMedPleudihen site web 16 novembre Dr Gérard HAMONIC site web 16 novembre Dr Jacques Desbarbieux site web 16 novembre Dr LABORDE-PEYRE Xavier site web 16 novembre Dr Desnier Claude 16 novembre Dr Alain GENET 16 novembre dr cuomo-robert site web 16 novembre Dr Jean LARY site web 16 novembre BLAIGNAN Jean 16 novembre Dr Bernard PABION 16 novembre Dt Thierry Buffel 16 novembre Dr Loubet dominique 16 novembre Dr Marc de Bettignies 16 novembre Dr Grunberg Philippe 16 novembre Dr FlorenceParichet 16 novembre Dr Mattera marie-Thérèse 16 novembre boulongne jean marie(jmb) 15 novembre Dr Georges Yoram Federmann 15 novembre Dr Christine BOTTE 15 novembre Dr Henri OTT 15 novembre Catherine Zanuttini-Vogt - Valréas (84) 15 novembre stephane Pertuet 15 novembre Jean-Bénédict de Saussure

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«Ariel» est un ange… qui roule les consommateurs chez Procter & Gamble ! - LAIT d’BEU - Blog LeMonde.fr

« «L’Espoir à gauche» : mémé Kamizole forcée de donner un cours de rattrapage en droit des associations à Vincent Peillon ! | Accueil

25 novembre 2009

ariel-liquide.1259155493.JPGIl est fort dommage que je ne puisse insérer le diaporama que m’a envoyé tout à l’heure Jacquline de Cuisine & Compagnie… L’art de prendre les con…sommateurs pour de parfaits imbéciles !

Certes, le procédé n’est pas nouveau - réduire la quantité de produit - et 60 Millions de consommateurs l’a souventes fois épinglé depuis un an, crise aidant les entreprises rognent sur tout, mais là, Procter & Gamble autrement appelée - Unilever - multinationale bien connue atteint le summum - et c’est même une publicité mensongère ! - en s’efforçant de faire croire au consommateur qu’il bénéfcie au contraire de 10 % de produit supplémentaire.

Tout commence par le nombre de lavage. Sur l’ancien bidon : “20 lavages” et sur le nouveau : 18 + 2 lavages ! De quoi amuser un enfant de 6/7 ans pour lui faire prendre goût à l’arithmétique.

On se demande bien à quoi peuvent servir les 10 % de produit supplémentaire si la quantité de lavages est la même… Et c’est là que cela se corse car en retournant les bidons, le consommateur médusé s’aperçoit qu’il est vraiment pris pour un con.

En effet et heureuement, le fabriquant étant légalement obligé d’indiquer la quantité de produit, le client s’aperçoit que l’ancien bidon contenait 1,5 litre et le nouveau 1,4 litre…
Avouez qu’il faut être vachement fortiche pour faire passer une perte de quantité de quasi 10 % pour un bonus de 10 % !

Quand on vous dit que les consommateurs doivent faire attention à tout !

25 novembre 2009 Publié Actualité, ARNAC, PETITS RIENS | Lien permanent | Alerter

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Le Conseil de l'Europe fustige la suppression du juge d'instruction

Le Conseil de l'Europe critique violemment le projet de suppression du juge d'instruction de Nicolas Sarkozy.. Conseil de Europe critique violemment projet suppression juge instruction Nicolas Sarkozy. Le Conseil de l'Europe fustige la suppression du juge d'instruction - LMOUS

Dans une totale indifférence, mercredi dernier, le Conseil de l'Europe a asséné une violente charge contre la suppression du juge d'instruction, et contre toutes les tentatives "d'utilisation abusive du système de justice pénale motivée par des considérations politiques"...

Le Conseil de l'Europe contre la réforme du juge d'instruction - Indépendance de la justice

Dans une résolution soumise par la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme (CQJDH) et adoptée à l'unanimité mercredi 30 septembre 2009, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) souligne que l'indépendance du système judiciaire est le principal rempart contre toute ingérence politique dans le fonctionnement de la justice. Au cas où on aurait oublié...

Le France doit "revoir le projet de suppression des juges d’instruction"

De fait, constatant que la proposition de Nicolas Sarkozy de supprimer les juges d'instruction remettait en cause ce pré-requis, les parlementaires n'y sont pas allés de main morte, demandant au chef de l'Etat français de "revoir son projet". Ni plus ni moins. Si toutefois cette réforme devait être confirmée, "et que les compétences en matière [d'instruction] étaient transférées au ministère public", l'APCE exhorte la France "à renforcer l'indépendance des procureurs" et à "permettre aux avocats de la défense d'accéder à l'enquête préliminaire conduite par le parquet"... ce qui constitue effectivement la principale demande des syndicats de magistrats, mais qui n'est pas franchement à l'ordre du jour.

Les juges français les moins bien payés d'Europe

La rémunération des magistrats étant un critère d'indépendance primordial, l'Assemblée invite aussi les autorités à "augmenter progressivement les salaires des juges et des procureurs à la hauteur de la dignité et de l'importance de leurs fonctions, jusqu'à ce que ces salaires soient alignés sur la moyenne des autres pays européens". Ce ne serait pas du luxe... Dans une étude publiée en 2002, ce même Conseil de l'Europe affirmait que la France était le pays européen le plus radin avec ses juges, rémunérés entre 1.1 et 3.1 fois le salaire moyen français selon l'ancienneté, contre 4.6-7.4 en Grande-Bretagne, 3.7-7.7 en Roumanie, 2.5-6.5 en Espagne, 2-3.4 en Moldavie, 4-9.7 au Portugal...

"Un système de justice pénale à deux vitesses"

Un autre motif d'inquiétude est que les "les ressources affectées à l'aide juridique" ne soient pas augmentées, face à un système devenu principalement accusatoire, donc plus coûteux pour la défense. Ce qui fait craindre à la rapporteure du projet de résolution, l'ex-ministre allemande de la justice Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, que "se développe un système de justice pénale à deux vitesses, l'égalité des armes étant assurée uniquement pour ceux qui en ont les moyens". Et là encore, on ne peut que constater le retard de la France en matière de budget annuel alloué au système judiciaire (38ème pour 45 pays membres), et ce quelque soit la méthode de calcul : budget par habitant, % de PIB par habitant...

Prise de contrôle politique du CSM

Au sujet du Conseil Supérieur de la Magistrature, l'institution censée garantir l'indépendance des juges, l'APCE constate que "la France a récemment décidé de doubler le nombre de membres nommés par le Président de la République et les présidents des deux chambres du parlement", ce qui pose manifestement un problème de conscience aux parlementaires du Conseil qui demandent à l'Etat de "rétablir une majorité de juges et de procureurs au sein du Conseil Supérieur de la Magistrature ou à veiller à ce que parmi les membres nommés par les organes politiques figurent également des représentants de l'opposition".

Comme "l'impression que cette réforme vise à protéger la classe politique de tout contrôle judiciaire"...

Seul motif de satisfaction du Conseil de l'Europe, "un parlement et des médias indépendants qui constituent des garde-fous relativement fiables contre l'utilisation abusive du système de justice pénale par le pouvoir exécutif". A voir comment les "médias indépendants" se sont rués sur l'information, ça ne présage rien de bon... En résumé, selon Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, si la France décide de supprimer le juge d'instruction, "certaines conditions essentielles devront être satisfaites pour éviter l'impression que cette réforme vise à protéger la classe politique de tout contrôle judiciaire". Juste une "impression" ?

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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Hashtable » La valeur de la presse

Bon, ok, je l’avoue : je lis d’autres blogs que ceux des millions de libéraux qui règnent sur la toile. Et parfois, même, je trouve certains articles drôles ou intéressants. Prenez par exemple celui de l’Hérétique sur la valeur de la Presse : partant du constat que la presse française est dans le caca financier, le tenancier se demande d’une part pourquoi cet état de fait, et d’autre part s’il serait pertinent de mettre l’Information hors de la logique de marché…

Et là, comme tout bon libéral qui, forcément, aime à la fois la mort, la destruction, le profit, les sandwiches de bébés communistes et la cupidité la plus perfide, je réponds bien sûr « Arghgl non surtout pas ! »à la deuxième question, et je rétorque évidemment « Parce qu’elle fait de la merde » à la première.

Ceci nécessite à présent quelques pénibles paragraphes d’argumentation, avec des phrases super-longues comme j’en ai l’habitude, et un ou deux traits d’humour bête histoire de réveiller mes deux ou trois lecteurs … Or, j’ai appris qu’à chaque fois qu’un libéral tente une argumentation soignée, un communiste tue une douzaine de chatons et un socialiste se les enfile ensuite comme préservatif (ce qui est bien dans leur style, de toute façon). Et comme j’ai plein d’autres choses à faire, j’ai décidé d’épargner plein de portée de félins et je vais donc faire court.

Enfin, essayer.

a/ La presse française fait de la merde.

Cette constatation est, bien malheureusement, basée sur des faits irréfutables.Les journalistes qui me lisent pourront verser une petite larme, mais ils savent que j’ai raison.

Sur la forme, tout d’abord, histoire d’évacuer l’aspect purement cosmétique rapidement (pitié pour les chatons) : plus les années passent, plus les quotidiens mainstream truffent amoureusement leurs articles de typos, fautes d’orthographe et de grammaire, avec cette propension renouvelée aux titres ambigus, aux phrases mal tournées aux constructions hardies et chargées de sous-entendus partisans. Il m’est devenut pénible d’épluché les artilces dans léquels je trouve des boullètes tout les deus lignes.

La blogosphère n’y est pas étrangère (il y a des spécialistes du « Sitôt-écrit, sitôt publié, la relecture c’est pour les nuls » et tout le tralala). Mais on peut se consoler en se disant que l’auteur n’est pas payé.

Sur le fond, à présent, il y a là encore beaucoup à dire.

Je crains un génocide félin, mais rien que sur les trois derniers mois, je ne me suis pas trop foulé en créant une rubrique Pignouferies de Presse dans laquelle sont venus s’agglutiner sans forcer huit articles décrivant par le menu l’étendue des dégâts.

On y trouve de tout.

- Une vision partisane dans des articles qui ne sont pas des chroniques et pas clairement marqués comme opinion : c’est bien d’être engagé, de le faire savoir. C’est plus douteux de se présenter comme neutre parce que journaliste et faire passer ses propres idées (souvent idiotes) pour des faits.

- Parfois, un travail journalistique de base (recherche des faits) tout simplement absent : l’affaire Royal, l’ambassadrice du PNUD en est une illustration frappante. Certes, la cible est dodue et le dindon est un animal réputé ne pas savoir s’envoler correctement, mais ça n’affranchit pas le journaliste d’un minimum de travail.

- Un petit retard à l’allumage : il faut maintenant trois semaines pour que l’information sur une manifestation parisienne comptant une centaine de milliers de personnes et qui tourne court suite à des incidents graves (vols en réunion, agressions, injures à caractères racistes, etc…) se retrouve enfin dans la presse. On a connu plus réactif.

- Pas d’allumage du tout : si l’affaire Clearstream a beaucoup fait couler d’encre, les dessous de Karachi attendent encore un retentissement. La première n’a fait aucun mort. La seconde … si. Comment la presse officielle vit-elle un tel conflit de valeurs ?

Et ceci n’est qu’un petit échantillon.

En plus de ça, la presse traditionnelle est maintenant en concurrence directe avec ces fameux journalistes à la petite semaine qui font, eux aussi, l’opinion publique par les petits articles qu’ils publient. Outre le ton définitivement décalé de la blogosphère (où on se surprend à parler de chatons morts sodomisés aussi bien que de l’avenir d’un secteur économique), les billets parus ici ou là donnent de plus en plus souvent le La de la petite musique médiatique. Et dans ce concert, la presse traditionnelle est bien souvent à contre-temps, ou en retard de plusieurs mesures.

Ainsi, la polémique sur le prince Jean n’a-t-elle vraiment décollée que lorsque le buzz de la toile en a fait un événement. Avant que la blogosphère s’empare du sujet, il n’y avait, pour ainsi dire, aucune réaction ni à droite, ni à gauche, sur ce qui semblait, de loin, pouvoir passer quasiment inaperçu.

Il en est allé de même avec les blagues vasouillardes de Hortefeux qui n’ont eu de relai dans la presse qu’après un gonflement notoire dans les blogs. Même chose pour l’affaire Polanski puis l’affaire Mitterrand : à chaque fois, la presse s’est posée non en initiatrice de la polémique ou du débat (aussi bidon soit-il), mais bien en relai, en courroie de transmission, se contentant de l’effet d’aubaine.

Autrement dit : l’information existe peut-être, elle est peut-être tentativement mise à la disposition de tous, et si (et seulement si) Internet et les médias on-line en parlent, la presse suivra.

En procédant ainsi, on souffre de deux maux :

  • on est toujours un temps en retard.
  • on ne prend plus le temps de se poser et d’analyser la situation.

En somme, ce n’est plus de l’information à chaud, et il n’y a plus d’analyse à froid…

Où est le fond ? Qui parle de ce qui se passe vraiment en France, des difficultés, des problèmes ? Oh, bien sûr, des articles existent. Mais pas en première page, où petit à petit, on a de plus en plus de mal à voir la différence entre Voici et Le Monde.

Et on devrait s’étonner de la perte de lectorat ?

b/ Collectiviser la presse, arghlg, non, surtout paarghs !

L’Hérétique évoque le parti de son cœur, le Modem, et sa proposition de placer certains domaines hors du monde marchand, et s’interroge sur la pertinence à placer la presse dans la même position.

J’entends d’ici le tching-tching du communiste qui affûte sa hâche et le chplif-chplif du socialiste qui s’enduit de vaseline. Mais je ferai court.

La presse française n’est déjà plus dans le domaine marchand ou, plus simplement, si elle y est, c’est purement partiel. Une telle quantité d’avantages existent, et elle fait une si grosse consommation de subventions diverses qu’on ne peut pas dire sans être complètement de mauvaise foi qu’elle est totalement indépendante de l’état ni totalement dépendante de ses lecteurs.

La presse française est totalement dépendante de l’Etat : il lui verse des centaines de millions d’euros qui comptent parfois pour plus de 15% du chiffre d’affaires de certains titres. On comprend alors qu’une presse à ce point choyée ne peut pas décemment cogner sur l’Etat.

Quant aux lecteurs, on se demande qui lit exactement les 50.000 exemplaires de l’Humanité, et comment les fumistes d’Alternative Economiques s’en sortiraient s’ils n’avaient pas réussi à écouler leur revue dans tous les lycées et facs de France et de Navarre par lobbyisme auprès des profs…

Dans d’autres pays, les aides sont moins importantes, plus indirectes, et la presse est plus exposée au marché ; or, elle ne s’en porte pas plus mal, voire mieux. Et le versant numérique est en pleine explosion, tout en étant rentable ; il suffit de regarder Huffington Post ou Libertad Digital pour bien se rendre compte que oui, un autre monde est possible et … rentable.

La conclusion est sans appel.

En surprotégeant la presse, la France a réussi le pari de se tenir à l’écart du profond changement qui agite les médias ET à rendre la production générale d’un niveau si bas que le journaliste du dimanche est plus pertinent que le salarié.

Et à la relecture, pas de doute : c’est un massacre de chatons. Pour compenser, un lolcat.

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